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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 12:25

 

Notre relation au changement est une relation ambigüe et conflictuelle car  notre désir de nous accomplir et d’évoluer vers une vie meilleure se heurtent à nos résistances et nos peurs inconscientes…

 

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Notre relation au changement est la plupart du temps une relation ambiguë et conflictuelle. Ambiguë car notre désir de nous accomplir et d’évoluer vers une vie meilleure se heurte à nos résistances intérieures. Conflictuelle, car ces résistances vont s’opposer à tout ce, et tous ceux, qui nous remettent en cause et nous incitent au changement. Si notre objectif est de réaliser un idéal de vie élevé et d’exprimer le meilleur de nous-mêmes, il est donc essentiel de clarifier notre relation au changement.


Le changement est avant tout une relation avec nous-mêmes. La notion de changement repose sur un postulat de départ qui est : tels que nous sommes, nous ne sommes pas parfaits. Cela semble assez évident à admettre, car à moins d’être un bouddha, un éveillé, et donc d’avoir déjà revêtu, pour employer les termes bouddhiques « l’intelligence parfaite et accomplie », nous avons tous encore un long chemin à parcourir.


Pour autant, ce constat de départ n’est pas si aisé à faire. La plupart d’entre nous n’abordent pas de façon sincère, avec objectivité, ce simple fait. Et ce manque de clarté détermine la qualité de notre relation au changement. Notre posture est ambiguë, car nous savons parfaitement que nous ne sommes pas des êtres parfaits et accomplis, et en même temps, nous voulons sans cesse nous prouver notre perfection et nos qualités. Et l’énergie que nous employons à vouloir nous prouver que tels que nous sommes, nous sommes parfaits, est une énergie que nous n’utilisons pas pour évoluer.


D’où vient cette confusion, ce manque de clarté, entre ce que nous savons, et la façon dont nous nous comportons ? Pourquoi érigeons-nous tant de freins et d’obstacles à notre propre évolution ? Pour avoir été confrontée moi-même encore et encore à ces mécanismes de sabotage et à cette incroyable contradiction, je me suis souvent posé ces questions.


Je crois pouvoir dire que la réponse tient en peu de mots et tourne autour d’un point central, qui est le nœud du problème : l’ego. Généralement quand on parle d’ego, on pense aussitôt à l’orgueil, la prétention, la suffisance… C’est l'une des expressions de l'ego, qui est particulièrement vraie pour certains d’entre nous. Mais il faut le reconnaître : nous faisons tous preuve d’orgueil, d’une façon ou d’une autre, avec plus ou moins d’éclat selon notre tempérament et notre personnalité.


Les « accompagnateurs du changement » sont coutumiers de ces réactions qui font que les élèves enthousiastes et motivés d’un jour s’improvisent en critiques avisés le lendemain. Et ils le font immanquablement lorsqu’ils se sentent en danger, quand ils sont sur le point de saisir une opportunité de changer, ou qu’ils sont remis en cause, tout simplement. Pour éviter ce qui pourrait être un début de changement, l’une des stratégies les plus communes est d’inverser les rôles, et de remettre en cause le mentor, le coach, ou l’instructeur spirituel, qui est alors critiqué, voire discrédité.

Ainsi que l’explique Robert Frager, maître Soufi renommé et psychologue éminent, dans une interview au magazine « What is Enlightenment ? » : «  L’ego, ou« nafs », a peur du changement, est terrorisé à en mourir par l’expérience mystique profonde et la transformation, parce que de son point de vue, ce changement c’est la mort… C’est cette partie en nous qui veut rester la même, une sorte de composante inerte qui dit : «Surtout ne change pas »


Dans le cadre de la thérapie, il n’est pas rare qu’une personne sur le point de découvrir la clé pour résoudre ses difficultés mette fin brutalement à sa relation avec le thérapeute, pour éviter d’avoir à faire le changement salutaire qu’elle est pourtant venue chercher. La levée de boucliers que créent nos résistances est révélatrice de nos peurs et des limites de nos schémas de  pensée.


Pour résoudre ce dilemme, nous devons remonter à la source du problème. Nos résistances sont liées à notre identité. Plus nous sommes identifiés à notre personnalité, et plus nous sommes réfractaires au changement. Mais quand nous prenons conscience que notre personnalité n’est qu’un masque que nous portons, un rôle que nous jouons, il devient possible de changer.


Nous réalisons alors que nos peurs inconscientes face à l’inconnu ont leurs racines dans nos réactions infantiles dont nous ne sommes pas sortis. Il est difficile d’entendre à l’âge de 30, 40, ou 50 ans que ce n’est pas nous qui réagissons, mais l’enfant que nous avons été, avec ses craintes d’être trahi, abandonné, de ne pas être aimé. Pourtant, pour la majorité d’entre nous, ce besoin d’amour, de sécurité et de reconnaissance nous poursuit tant que nous n’avons pas guéri les blessures de notre enfant intérieur.


Une fois que nous avons identifié ces mécanismes et que nous sommes prêts à nous en libérer, alors nous libérons une force plus puissante que ces peurs inconscientes, une vision plus vaste que nos schémas de pensées, et nous faisons l’expérience d’une relation nouvelle au changement, libérée de la peur, de l’orgueil et des préjugés. Nous comprenons que la Vie tout entière est en évolution permanente, et que si nous voulons nous accorder à son diapason, nous devons en toute simplicité et humilité, être prêts à changer.


Nous réalisons alors que changer ne remet pas en question ce que nous sommes fondamentalement, mais nous permet de nous délivrer de l’illusion de ce que nous ne sommes pas. Se transformer, c’est guérir des blessures de son enfant intérieur, et se délivrer des peurs qui nous ont empêché d’avancer vers notre épanouissement et notre liberté.


Et quand nous sommes sincèrement et résolument prêts à changer, nous ne nous opposons pas à ce qui nous remet en cause, nous l’accueillons avec un intérêt renouvelé, pour être nous aussi, d’instant en instant renouvelés, dans le courant de la Vie et de son processus de changement incessant.

 

Brenda

 

 

 

 

 

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commentaires

cacao 12/06/2011 12:03


Ai trouvé votre blog parmi les nouveaux arrivants de la communauté "Architectes D'Intercoeurs" dont je fais partie. Très intéressée par les sujets que vous traitez, très bien, je m'abonne à votre
Newsletter. Bon Dimanche. Toutes mes amitiés.


cacao 12/06/2011 00:08


Je découvre ton blog grâce à ton arrivée parmi "Les Architectes D'Intercoeurs" dont je fais partie. Ton article m'a énormément intéressée. suis passionnée par tous ces sujets. De plus, ai connu des
périodes très dures moralement, et ait eu besoin de toutes mes ressources "morales" pour m'en sortir. Encore toutes mes félicitations pour cet article. Amicalement.A bientôt !


Brenda 13/06/2011 18:00



Merci pour ce message - et les commentaires laissés sur les autres articles, je viens en effet de rejoindre Les Architectes d'Intercoeurs pour y partager sur ces sujets qui tiennent à coeur à
beaucoup d'entre nous.


Au plaisir de se lire,


Amicalement, 



Marc de Metz 09/06/2011 17:53


J’ai lu avec intérêt ton article.
J’ai mis des années à m’accorder le droit de changer.
Je vis de l’autre côté de ces changements sans nouvelles souffrances.
Il est vrai que je me suis découvert plus apte à la vie qu’après « mille » renoncements.
Je ne peux me tenir rigueur que de n’avoir pas accepté de perdre ceux que j’aimais avant…

C’est sous cet article que je te dépose ce message de bienvenue.

Bonsoir. Je vais accueillir « officiellement » demain matin ton blog. Aujourd’hui, je viens de l’accepter avec plaisir, parmi ceux des Architectes d’intercoeurs. Demain je publierai un article sur
mon blog pour y annoncer son arrivée. J’ai rajouté dès maintenant sa bannière dans la galerie des Architectes d’intercoeurs. Celle-ci est accessible en permanence au début de mon blog dans le
module « Rencontrer les Architectes d’intercoeurs ». Je te souhaite la bienvenue en te remerciant d’avoir souhaité nous rejoindre parmi les belles personnalités et les beaux talents que tu connais
peut-être déjà ou que tu découvriras, si tu le désires. La solidarité est une valeur partagée par beaucoup d’entre nous. Je suis heureux que tu nous rejoignes. Je te souhaite une très belle fin de
cette journée. Je ne peux que te proposer de ne pas hésiter toi aussi à aller à la rencontre des Architectes d’intercoeurs. @mitié, Marc de Metz.


Brenda 13/06/2011 18:17



Bonjour Marc,


Je prends le temps, après ce long week-end de Pentecôte, de répondre à ton chaleureux message de bienvenue. Je te remercie pour ton accueil au sein de la communauté que tu as créée, d'après ce
que j'en ressens, dans un esprit sincère de partage, de solidarité et de fraternité. C'est pourquoi je suis ravie de rejoindre Les Architectes d'Intercoeurs, et sa palette de
talents créatifs riche, vivante et colorée. C'est donc avec plaisir que je partagerai mes écrits et lirai les vôtres.


Amitiés à tous et au plaisir de vous lire,






Magali 07/06/2011 14:55


Merci pour ce bel article Brenda ! Je suis tout à fait en accord avec ton cheminement. L'image de soi-même construite au fil du temps pour cadrer avec les attentes parentales (être autre) nous met
dans un conflit avec notre identité profonde et débouche sur bien des malaises et maladies. Le chemin de cette déconstruction est un chemin de guérison. Retrouver sa véritable identité sous les
masques... La numérologie m'a bien aidé pour ça, avec l'accompagnement thérapeutique bien entendu.