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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 08:00

L’impact des facteurs environnementaux sur la santé est mis en evidence par des scientifiques qui sonnent l’alarme : de 1990 à 2008, le nombre de nouveaux cas de cancers et de maladies cardio vasculaires a progressé quatre fois  plus vite que le changement démographique.

 

 

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La consommation d’alcool et de tabac ne suffit pas à expliquer ce phénomène. Les scientifiques dénoncent la politique de santé publique face à la gravité du problème et la nécessité de changer de paradigme pour prendre en compte l’impact des facteurs environnementaux sur notre santé. André Cicolella, toxicologue, président du Réseau environnement santé (RES) est l’un d’entre eux. Extrait d’une interview publiée sur Télérama à l’occasion de la sortie du film de Marie Monique Robin, “Notre poison quotidien”.

 

 

Pourquoi les effets de l’environnement sur notre santé sont-ils si peu pris en compte ?

 

L’approche classique encore dominante consiste à appréhender les problèmes milieu par milieu. On a ainsi adopté des réglementations spécifiques pour l’eau, les aliments, l’air ou les sols mais sans jamais penser la question globalement. Cette approche touche à sa limite, car elle se révèle incapable de protéger efficacement la santé de nos concitoyens. Il n’y a jamais eu autant de maladies chroniques – cancers, maladies cardiovasculaires et respiratoires, diabète, troubles du comportement ou de la reproduction… – qu’aujourd’hui. Il est donc temps de changer de paradigme, d’aborder les problèmes de manière transversale, car l’homme passe en permanence d’un milieu à l’autre. On boit de l’eau, on respire, on mange des conserves ou des fruits et légumes traités avec des pesticides, on est jeune puis vieux. Il faut partir du constat de l’augmentation continue de ces maladies chroniques pour essayer d’en comprendre les causes et leur interaction. Cela conduit à mettre la question de l’environnement, au sens large du mot, au cœur des politiques de santé, et ne plus la traiter comme quelque chose de marginal, en considérant qu’une politique de santé, c’est avant tout une politique de soin. Il est important de soigner les gens, mais il est tout aussi important de faire en sorte qu’ils ne soient pas malades. Et, pour cela, il faut aussi soigner l’environnement.

 

La croissance des maladies chroniques n’est-elle pas due avant tout à l’augmentation de l’espérance de vie, à nos habitudes alimentaires ou à la consommation d’alcool ou de tabac ?

 

C’est la grille d’explication classique : d’abord le vieillissement, puis la consommation de tabac et d’alcool. Elle renvoie à une responsabilité individuelle et laisse les causes environnementales totalement de côté. Elle ne permet pas de comprendre la gravité de la situation actuelle. Le 28 mai 2008, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un plan mondial de lutte contre les maladies non transmissibles pour faire face à cette « épidémie » de maladies chroniques, qualifiée de « principal défi auquel l’humanité doit faire face en ce début de XXIe siècle ». En dehors des pays les plus pauvres, où les maladies infectieuses restent dominantes (mais de peu), les maladies chroniques sont devenues la principale cause de mortalité (60 % des causes de décès au niveau mondial, et l’OMS estime que ce taux serait de 77 % à échéance de dix ans). En même temps que l’OMS fait ce constat dramatique, elle ne retient que quatre facteurs de risques : tabac, alcool, alimentation et sédentarité, et laisse de côté la pollution physico-chimique. Cela n’est pas défendable au vu des connaissances scientifiques actuelles. On voit bien que l’industrie chimique continue d’agir pour faire en sorte que cette pollution ne soit pas reconnue comme un facteur de risque.

 

Les maladies chroniques ont-elles à ce point augmenté en France ?

 

Oui. Aujourd’hui, on compte par exemple trois cent cinquante mille personnes atteintes d’un cancer. C’est deux fois plus qu’il y a vingt ans, et l’argument de bon sens qui lie cette augmentation à la démographie – croissance et vieillissement de la population – ne correspond pas à la réalité. De 1990 à 2008, le nombre de nouveaux cas de cancers et de maladies cardiovasculaires a progressé quatre fois plus vite que le changement démographique. Pour le diabète, cette progression est cinq fois plus rapide que le changement démographique sur la période 2000 à 2008. Certes, la mortalité baisse, ce qui montre que le système de soins fonctionne bien, mais c’est insuffisant, car la morbidité, c’est-à-dire le nombre de cas de maladies, continue, lui, d’augmenter.

 

Extraits du documentaire de Marie Monique Robin, Notre poison quotidien :

 

 


 

 

 

Lire toute l'interview

 

Sources et liens :

 

Télérama

"On nous fait avaler n'importe quoi!"
http://television.telerama.fr/television/on-nous-fait-avaler-n-importe-quoi,66580.php

 

Arte TV

 

Comprendre le monde : "Notre poison quotidien" 
http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Notre-poison-quotidien/3673748.html

 

Réseau environnement santé (RES)

http://reseau-environnement-sante.fr/

 

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